La couverture
LE DERNIER COMPTOIR Série, 6 x 52 minutes Dramédie chorale Pour France 3 / France Télévisions, grand public Camille voulait vendre le bistrot en trois semaines. Le village, lui, n'avait pas prévu de la laisser partir.
Méthode, exemples tirés de dossiers réellement financés, checklist et template à remplir.
Un dossier de série bien construit rend un projet plus facile à saisir, et plus facile à défendre devant une commission. Il ne fait pas gagner l'aide pour autant : la décision dépend aussi des choix artistiques du jury, du budget de la session et des autres projets déposés.
La qualité du projet compte. La façon de le présenter compte aussi.
Ce guide montre, pièce par pièce, comment construire un dossier solide. Il s'appuie sur des dossiers qui ont réellement obtenu une aide, publiés par le CNC dans sa scénariothèque. Ils sont peu nombreux, et ils ne forment pas un échantillon représentatif. Ce que vous lisez ici décrit des pratiques observées, pas une recette.
Avant d'écrire une ligne : qui vous lit vraiment, dans quelles conditions, et les sept pièces que la commission attend.
Lisez-le une fois en entier pour avoir la carte. Puis gardez-le ouvert à côté de vous pendant que vous montez votre dossier, section par section.
À la fin, la checklist (partie 7) et le template (partie 10) vous servent de garde-fou avant l'envoi.
Tout au long, vous trouverez des exemples tirés de dossiers réellement aidés (Samuel, Vortex, Irresponsable, Fiertés, Boys Boys Boys, Septième Ciel, et d'autres). Ce ne sont pas des modèles à copier, ce sont des illustrations de ce qui fonctionne. Et le meilleur exercice reste de lire deux ou trois de ces dossiers en entier : les liens sont en partie 13.
Avant d'écrire une ligne, posez-vous cette question : dans quelles conditions le dossier sera-t-il lu ?
Une commission compare de nombreux projets en peu de temps. Le dossier doit donc livrer vite l'idée, le format et l'intention. Non pour appauvrir le projet, mais pour éviter au lecteur d'avoir à le reconstituer lui-même.
La première page doit faire comprendre ce que vous proposez. Les suivantes doivent donner envie de poursuivre, et apporter les preuves.
Le réflexe du débutant, c'est d'en mettre plus. Plus de pages, plus d'explications, pour « prouver » que le projet est solide. C'est l'inverse qui marche.
Dans le corpus étudié pour ce guide, plusieurs dossiers d'écriture tiennent entre 15 et 20 pages : Vortex fait 16 pages, Samuel et Fiertés 18, Irresponsable 19, Septième Ciel 20. Boys Boys Boys dépasse 50 pages, dans le cadre d'une aide au développement avec des annexes de production. Ces longueurs donnent des repères, pas une règle générale.
Si le règlement ne fixe pas de longueur, 15 à 20 pages sont une cible raisonnable pour un dossier d'auteur. Faire court oblige à hiérarchiser. Le règlement du guichet reste prioritaire.
Dès la couverture, une information doit sauter aux yeux : le format chiffré. « 6 x 52 minutes », « 10 x 5 minutes », « 26 x 2 minutes 30 pour les 3-6 ans ». Un dossier qui n'annonce pas son format dès la première page fait amateur.
Dans le corpus analysé, sept pièces reviennent régulièrement. Leur ordre peut changer selon le guichet.
De la couverture au parcours, ce que chaque pièce doit prouver. Avec les dossiers financés comme témoins.
La couverture n'est pas décorative. C'est la carte d'identité du projet, et la première chose que lit la commission.
En un coup d'œil, elle doit donner quatre informations :
Certains dossiers financés ajoutent une logline ou une phrase d'accroche en couverture. Bonne idée, à condition qu'elle soit forte.
Exemple de couverture efficace
TITRE DU PROJET Série animation 2D, 26 x 2 minutes 30 Pour les 3-6 ans Une série jeunesse où la nature est le personnage principal.
Tout est dit avant même le pitch.
Le pitch arrive tout de suite, avant le reste. C'est votre histoire en une à trois phrases. Si la commission ne « voit » pas votre série après ces phrases, tout le dossier part avec un handicap.
Le procédé le plus puissant des dossiers financés, c'est la logline à collision : deux éléments incompatibles réunis dans la même phrase. La tension naît du choc.
Exemples de loglines de projets aidés
« Ludovic est officier de police judiciaire. Madeleine est juge d'instruction. Ensemble, ils traquent le même tueur en série. Sauf que Ludovic vit en 2022, et Madeleine en 1998. »
« Un adulte de 30 ans totalement immature se découvre père d'un adolescent de 14 ans. »
Le mot « sauf que » est souvent le pivot. Cherchez-le dans votre histoire : qu'est-ce qui ne devrait pas aller ensemble, et que vous réunissez quand même ?
Trois règles pour votre logline
Le concept développe ce que la logline a annoncé : l'univers, le dispositif, et ce qui rend la série unique et capable de durer. Comptez une à quatre pages.
Quatre mouvements reviennent dans les projets financés.
Nommez votre dispositif, et répétez-le. Une formule courte qui résume la mécanique de la série, et qu'on retient. Le dossier de Boys Boys Boys tient en six mots : « Un épisode, une thématique, un témoignage ». Celui de Fiertés annonce « trois époques, trois climats, et surtout trois points de vue ».
Adossez votre série au réel et au chiffré. Un concept ancré dans le monde rassure la commission. Le dossier de Septième Ciel appuie sa comédie en maison de retraite sur un fait : « 750 000 personnes vivent dans ces établissements aujourd'hui en France ». Celui de L'amour a ses réseaux ouvre sur les « 30 % des Français » qui visitent les applications de rencontre, astérisque et source en bas de page à l'appui. Chiffrez, et sourcez votre chiffre.
Positionnez-vous par références. Deux ou trois œuvres comparables situent votre projet. Le dossier d'Irresponsable se place ainsi dans la lignée de Freaks and Geeks et de Girls : deux séries de « losers magnifiques » qui donnent immédiatement le ton recherché. Choisissez des références justes, pas seulement prestigieuses.
Prouvez le potentiel de durée. Une série n'est pas un film long. La commission veut comprendre pourquoi votre histoire tient sur huit épisodes ou plusieurs saisons. Qu'est-ce qui relance le récit à chaque épisode ? C'est le moteur de la série.
Les personnages méritent des portraits incarnés, pas des fiches d'état civil. Une demi-page par personnage principal suffit, mais elle doit faire exister une personne : ce qu'elle veut, sa faille, et comment elle va changer au fil de la série.
Dans les dossiers financés, les meilleurs portraits anticipent la trajectoire du personnage. On ne décrit pas seulement qui il est au départ, on annonce le chemin qu'il va parcourir.
À éviter
C'est souvent le cœur émotionnel du dossier. Dans plusieurs exemples étudiés, elle occupe 2 à 3 pages. Elle répond à deux questions.
Pourquoi vous : la légitimité par le vécu. Qu'est-ce qui fait que cette histoire, c'est vous qui deviez la raconter ? Émilie Tronche l'écrit sans détour dans le dossier de Samuel : « Samuel, je l'ai d'abord fait pour moi. C'est un élan nostalgique du goût de l'enfance, une replongée dans mes souvenirs. » Vous n'avez pas besoin d'un drame, mais d'un lien sincère avec votre sujet, et de le dire.
Pourquoi maintenant : l'enjeu de société. Pourquoi cette série doit exister aujourd'hui ? Branchez-la sur l'air du temps. Le dossier de Septième Ciel le formule frontalement : « Accepter la vieillesse et s'interroger sur sa prise en charge c'est traiter un enjeu de société majeur. » Le Monde de demain s'ancre dans la naissance du hip hop français, L'amour a ses réseaux dans le bouleversement des rencontres par les applications.
Le mouvement gagnant va de l'intime vers l'universel. Vous partez de votre histoire personnelle, puis vous montrez en quoi elle parle à tout le monde. La suite de la note de Samuel fait exactement ce chemin : « L'intention est un peu personnelle, je l'admets. Puis je me suis rendue compte, face aux réactions de mes proches et sur les réseaux sociaux, générations confondues, que ce sont des sentiments universels. » Le personnel donne la sincérité, l'universel donne la portée. Il faut les deux.
Beaucoup de notes fortes s'ouvrent sur une citation ou une question qui pose le thème. Celle de Vortex commence par : « Si vous aviez le choix d'effacer les pires moments de votre vie, le feriez-vous ? »
À éviter
Une intention seule ne suffit pas à montrer une capacité d'écriture. Les dossiers du corpus apportent une preuve concrète sous différentes formes :
Choisissez la forme la plus parlante pour votre projet. Si votre force est le dialogue, montrez des scènes. Si c'est l'univers visuel, montrez le storyboard. Ne demandez pas à la commission de vous croire sur parole, montrez que vous savez faire.
La plupart des guichets demandent un CV ou une bio. Même quand ce n'est pas exigé, une page de parcours bien faite rassure la commission sur un point qu'aucune autre pièce ne couvre : votre capacité à mener le projet au bout.
Une page maximum, orientée projet. Pas votre CV administratif : ce qui, dans votre parcours, sert cette série. Formations, œuvres écrites ou réalisées, prix, sélections, expériences en lien avec le sujet.
Si vous débutez, ne gonflez rien. Un court métrage autoproduit, un podcast, une websérie, un texte publié : tout ce qui prouve que vous finissez ce que vous commencez a de la valeur. Une commission préfère un parcours modeste et vrai à un parcours enflé qu'elle percera à jour.
Si votre projet a déjà une traction (prix, sélection en résidence, intérêt d'un diffuseur ou d'un producteur), c'est ici qu'elle se dit, en une ligne factuelle.
En animation, le dossier ajoute des pièces que la fiction en prises de vues réelles n'a pas. Les commissions animation les attendent.
La technique. Annoncez clairement votre parti pris (2D, 3D, papier découpé, stop motion) et le logiciel si c'est pertinent. En animation, la faisabilité technique fait partie de l'argument.
L'univers graphique. Joignez quelques recherches visuelles, un moodboard, un design de personnages. Montrez le monde, ne le décrivez pas seulement.
La preuve visuelle. Un extrait de storyboard, et si vous l'avez, un test d'animation déjà réalisé. Un lien vidéo vaut mille mots, et plusieurs projets aidés en joignaient un.
La bande son. En animation jeunesse surtout, le parti pris sonore se mentionne.
Cas du documentaire animé (Boys Boys Boys, L'amour a ses réseaux). Le dispositif est central : des témoignages réels mis en images. Et il faut justifier pourquoi l'animation plutôt que la prise de vue réelle. Le dossier de Boys Boys Boys le fait avec précision : chaque thématique d'épisode « trouvera à l'écran sa métaphore animée », l'image racontant une histoire en parallèle du récit pour apporter « une deuxième lecture aux propos ». L'animation n'y est pas un habillage, c'est un deuxième niveau de narration. C'est ce type d'argument que la commission attend.
Certains mots sonnent creux à force d'être employés par tout le monde. Ils signalent l'amateur, parce qu'ils affirment sans prouver.
« Original », « innovant », « unique ». Tout le monde les écrit, personne ne les démontre. Ne dites pas que votre série est originale. Montrez en quoi, en nommant la collision concrète qui n'avait jamais été réunie ainsi.
« Universel ». Trop vague. Dites à qui votre histoire parle, et pourquoi.
« Ambitieux », « atypique ». Remplacez-les par le fait précis : le format, l'enjeu, le dispositif.
Au fond, retenez la leçon : un bon projet n'est pas l'idée la plus folle que vous ayez eue, c'est une idée maîtrisée. Ne vendez pas la folie, vendez la maîtrise.
Le garde-fou : la checklist avant l'envoi, les erreurs qui coûtent cher, l'après-refus, et le squelette à recopier.
Avant d'envoyer, passez votre dossier au crible. Cette checklist synthétise les pratiques observées dans le corpus et ne remplace pas celle du guichet.
Voici les erreurs qui compliquent la lecture et peuvent affaiblir un projet avant même la discussion artistique.
Le dossier trop long. Quarante pages pour une aide à l'écriture, c'est un signal d'amateurisme. Vous montrez que vous ne savez pas trancher.
L'idée pas claire en page 1. Si le lecteur doit arriver à la page 6 pour comprendre, il n'y arrivera pas.
La note d'intention qui s'excuse. Le doute se transmet au lecteur. Vous défendez votre projet, vous ne demandez pas pardon de l'avoir écrit.
Les personnages fiches d'état civil. « Paul, 35 ans, brun, comptable » ne donne aucune envie.
La note qui répète le synopsis. La note d'intention dit pourquoi vous racontez cette histoire, pas l'histoire une deuxième fois.
Aucune preuve d'écriture. Un dossier tout en intentions demande à la commission de vous croire sur parole. Elle ne le fera pas.
Le format absent ou flou. Si on ne sait pas si c'est 6 ou 60 épisodes, le projet paraît mal pensé.
Un refus n'est pas une porte fermée. La plupart des projets aidés ont d'abord été retravaillés.
Demandez le retour. Certaines commissions transmettent un avis. Lisez-le pour ce qu'il dit du dossier, pas seulement de l'histoire.
Répondez-y dans le dossier suivant. Plusieurs projets financés montrent un dossier qui répond explicitement aux questions soulevées par la commission précédente. C'est un signal de maturité très bien vu.
Ne réécrivez pas tout en réaction. Le piège classique : on coupe ce qui était bon en voulant corriger ce qui ne l'était pas. Repérez vos points forts et tenez-les.
Le calendrier joue pour vous. Le soutien au scénario du CNC a ouvert cinq sessions en 2025. Un refus en début d'année, c'est un nouveau dépôt possible quelques mois plus tard, ou ailleurs. Les dates à jour de chaque guichet sont sur encre.io/aides.
Copiez ce squelette et remplissez-le section par section. Les indications de longueur sont des cibles, pas des règles.
[COUVERTURE] Titre : Format : ____ x ____ minutes Genre et registre : Cible (public + diffuseur imaginé) : (option) Logline d'accroche : [PITCH] (une demi-page) Votre série en une à trois phrases, avec la collision : [CONCEPT] (une à quatre pages) Le dispositif, nommé en une formule courte : L'ancrage réel ou chiffré, avec sa source : Vos deux ou trois références : Le moteur de la série (pourquoi ça dure) : [PERSONNAGES] (une demi-page par personnage principal) Nom : Ce qu'il veut : Sa faille : Sa trajectoire sur la série : [NOTE D'INTENTION] (deux à trois pages) Pourquoi vous (le lien personnel et sincère) : Pourquoi maintenant (l'enjeu de société) : (option) Une citation ou une question d'ouverture : [PREUVE D'ÉCRITURE] Forme choisie : pilote séquencé / scènes dialoguées / synopsis détaillé / storyboard [PARCOURS] (une page maximum) Bio orientée projet, œuvres, prix et sélections, traction éventuelle :
La méthode appliquée de bout en bout au Dernier Comptoir, un projet inventé pour l’exercice. Puis les portes où déposer.
Cette annexe applique la méthode à un projet fictif, Le Dernier Comptoir. Elle sert d'illustration et non de modèle à reproduire.
LE DERNIER COMPTOIR Série, 6 x 52 minutes Dramédie chorale Pour France 3 / France Télévisions, grand public Camille voulait vendre le bistrot en trois semaines. Le village, lui, n'avait pas prévu de la laisser partir.
À la mort d'un oncle qu'elle connaissait à peine, Camille, trentenaire parisienne qui parle à mille personnes par jour sur son téléphone et à personne en vrai, hérite du Café des Sports, le dernier bistrot de Saint-Amour, un village qui se vide. Elle compte le vendre et repartir dans trois semaines. Sauf qu'en relevant le rideau, elle comprend que ce comptoir est le seul endroit où les habitants se parlent encore. Le fermer, ce serait éteindre le village. Le garder, ce serait rester.
Le dispositif : un épisode, un habitant, un secret du comptoir. À chaque épisode, un client du Café des Sports refait surface avec son histoire, et Camille, qui voulait partir, s'enracine un peu plus. Le comptoir est le personnage central, le lieu où tout se dit.
L'ancrage réel : en France, des milliers de communes n'ont plus aucun commerce. Le café de village, longtemps cœur social du pays, disparaît. Saint-Amour est l'un de ces villages.
Les références : la chaleur chorale de Doc Martin, l'observation sociale de Sex Education transposée à la campagne française.
Le moteur de série : à chaque épisode, le départ de Camille est repoussé par une raison nouvelle, et un secret du village se dévoile. La question qui tient la saison : va-t-elle vendre, ou devenir celle qui rallume le village ? La continuité repose sur la transformation de Camille et sur la menace qui pèse sur le bistrot, que le maire veut raser pour un parking.
Camille, 34 ans. Community manager à Paris, elle gère l'image des autres et a oublié la sienne. Elle veut vendre vite et fuir ce village qui lui renvoie tout ce qu'elle a quitté. Sa faille : elle confond être joignable et être proche. Sa trajectoire : de la femme qui voulait partir à celle qui choisit de rester, parce qu'ici, pour la première fois, on l'attend.
Marcel, 71 ans. Serveur du Café des Sports depuis quarante ans, resté quand tout le monde partait. Il connaît chaque secret du village et n'en dit jamais rien. Sa faille : il a tout gardé pour les autres et rien pour lui. Il va apprendre à Camille à écouter, elle va lui apprendre à parler.
Yasmina, 19 ans. La seule jeune qui reste, elle ne rêve que de partir, comme Camille a su le faire. Elle est le miroir inversé de l'héroïne. Leur lien, fait d'envie et de tendresse, oblige chacune à regarder ce qu'elle fuit.
J'ai grandi dans un village qui avait encore son café. On y entrait pour un timbre, on en ressortait deux heures plus tard, parce qu'on avait croisé quelqu'un. Le jour où il a fermé, le village n'est pas mort d'un coup. Il s'est juste tu.
Le Dernier Comptoir part de ce silence. Des milliers de communes françaises n'ont plus rien : ni commerce, ni lieu pour se parler. On parle d'isolement des anciens, de fracture territoriale, de gens qui ne croisent plus personne. Le comptoir était la réponse, et il disparaît.
J'ai voulu en faire une comédie, pas un constat. Ces lieux ne sont pas tristes, ils sont vivants, drôles, pleins de gueules et de rancunes tenaces. Camille, l'urbaine hyper-connectée qui n'a plus le temps de personne, c'est nous. Son chemin, réapprendre à être là pour de vrai, est universel. On peut être joignable à chaque seconde et profondément seul.
INT. CAFÉ DES SPORTS, JOUR Le rideau de fer se lève dans un grincement. La lumière tombe sur des tables renversées, un comptoir couvert de poussière. CAMILLE entre, valise à roulettes, téléphone à la main. Elle filme. CAMILLE (à son téléphone) Bon. Donc voilà le... « fonds de commerce ». Trois semaines, je le vends, je rentre. Une voix, derrière elle, très calme. MARCEL Vous filmez la poussière ? Camille sursaute. Marcel est là, tablier impeccable sur un café fermé depuis un mois. Il redresse une chaise, comme si de rien n'était. CAMILLE Le café est fermé, monsieur. MARCEL Le café n'est jamais fermé. Il est juste... entre deux clients. Il pose une tasse sur le comptoir, la remplit, la pousse vers elle. MARCEL (suite) Première tournée pour la nouvelle patronne. Camille regarde la tasse. Regarde Marcel. Range, lentement, son téléphone.
Voici quelques portes d'entrée pour poursuivre la recherche. Les aides, les pièces demandées et les dates changent d'une session à l'autre. Le calendrier à jour est sur encre.io/aides, et les guichets fermés qui rouvrent bientôt sont suivis sur encre.io/rouvre-bientot. Avant tout dépôt, vérifiez le règlement officiel de la session en cours.
Le CNC. Pour le cinéma, le soutien au scénario (écriture, réécriture, conception). Pour les séries, les aides à l'écriture et au développement fiction issues du fonds d'aide à l'innovation audiovisuelle : c'est de ce fonds que viennent tous les dossiers cités dans ce guide. En documentaire, le fonds d'aide à l'innovation en documentaire de création. Et pour consolider un début de carrière, l'aide au parcours d'auteur.
Le Fonds Beaumarchais (SACD). Des bourses d'écriture par discipline (cinéma, télévision, théâtre). Les sessions rouvrent à l'automne.
La SCAM. Les bourses Brouillon d'un rêve, précieuses en documentaire et en écritures émergentes.
Les fonds régionaux. Plusieurs régions proposent un guichet d'écriture : ALCA Nouvelle-Aquitaine, Île-de-France, PictanovO dans les Hauts-de-France, Grand Est, Bourgogne-Franche-Comté, Normandie Images, Ciclic Centre-Val de Loire, et d'autres. Habiter la région n'est pas toujours la seule voie d'accès : lisez les conditions territoriales de chaque aide.
Les résidences et concours. Beaucoup proposent un accompagnement et une bourse : le GREC pour un premier film, Le Groupe Ouest ou Trégor Cinéma en Bretagne, ou encore le Grand Prix du Scénariste côté concours.
Une base réutilisable. Le pitch, la note d'intention, les personnages et le parcours peuvent servir à plusieurs candidatures. Adaptez néanmoins chaque dépôt aux attentes, au format et aux conditions du guichet.
Le calendrier est votre allié. La plupart des guichets ouvrent plusieurs sessions par an, et beaucoup rouvrent à la rentrée de septembre. Un refus au printemps, c'est un dépôt possible à l'automne.
Vérifiez toujours le règlement de la session en cours : chaque guichet fixe ses pièces et peut imposer un plafond de pages. Les longueurs observées dans la scénariothèque CNC restent des repères, pas des exigences générales.
Le CNC publie dans sa scénariothèque les dossiers de projets aidés, tels qu'ils ont été présentés en commission. Rien ne remplace leur lecture. Ceux cités dans ce guide :